Laissées pour mortes de Nadia Kaci

Publié le par Ronnie

Laissées pour mortesLe Mot de l'éditeur : Laissées pour mortes

Le 13 juillet 2001, à Hassi Messaoud, ville pétrolifère du Sud de l’Algérie, à la suite d’un prêche virulent de l’imam, près de 500 hommes agressent et torturent une cinquantaine de femmes au cours d’une expédition punitive.
L’humiliation publique, le mépris de la famille, le silence de la presse étrangère et la peur des représailles succèdent à cette nuit de cauchemar que la plupart des victimes choisissent d’oublier. Mais certaines refusent de se résigner et exigent la condamnation des coupables — Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura se sont battues jusqu’au procès.
De leur enfance au sein de familles patriarcales à la naissance de leurs enfants, en passant par leurs mariages, répudiations et divorces, elles relatent la difficulté de vivre hors du joug des hommes dans une société qui connaît de terribles bouleversements.

Rahmouna Salah et Fatiha Maamoura sont nées et ont grandi en Algérie. Avec ce témoignage courageux, elles poursuivent leur combat.

Nadia Kaci vit en France depuis 1993. Elle a travaillé avec Bertrand Tavernier. Ça commence aujourd’hui, 1998, Prix du Jury du Festival de Berlin 1999 – et Nadir Moknèche – Viva Ladjérie 2004, Délice Paloma 2007. Elle s’est consacrée également au théâtre - “Femmes en quête de terres ”, pièce qu’elle a écrite et jouée. Elle a dénoncé le code de la famille algérien voté en 1984 par l’Assemblée et remanié entre 2002 et 2005 sous l’impulsion des luttes acharnées de la part des mouvements féministes et des démocrates, et d’une campagne médiatique menée par le Collectif 20 ans barakat (20 ans ça suffit), dont elle était la marraine. Aujourd’hui, elle conclut : « Ce code instituait la supériorité des hommes sur les femmes, légalisait l’injustice et, en précarisant les femmes et leurs enfants, fragilisait la société tout entière. Ce code qui place officiellement les femmes à la disposition et sous le contrôle des hommes est, pour moi, un des facteurs qui a rendu possible le lynchage des femmes de Hassi Messaoud en 2001. Le deuxième facteur (…) est l’b>enlèvement de plusieurs milliers de femmes par les groupes armés intégristes dans les maquis. Elles y furent violées, torturées soumises à l’esclavage. Beaucoup d’entres elles ont été assassinées ou ont disparu dans la nature. Les bourreaux qu’on appelle aujourd’hui des repentis sans pour autant qu’ils se soient repenti de quoi que ce soit, eux, n’ont jamais - ou très peu - été inquiétés. »

Publié dans Essai

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